Que faire avec nos investissements dans un contexte de conflit au Moyen Orient?
Que faire avec nos investissements dans un contexte de conflit au Moyen‑Orient?
L’année s’annonçait très prometteuse en termes de rendement durant les deux premiers mois. Tout à coup, au mois de mars, la situation géopolitique s’est détériorée substantiellement avec le conflit au Moyen‑Orient. Je n’aime pas dire ces mots‑là, mais nous sommes actuellement dans une situation de guerre en Iran. Il faudrait être sourd, aveugle ou complètement déconnecté de la société pour ne pas être au courant de la situation actuelle.
Mon objectif dans ce texte n’est toutefois pas de discuter du conflit, mais plutôt d’aborder ses conséquences sur nos portefeuilles.
Quelles situations peuvent survenir en 2026?
Les spécialistes s’entendent pour dire que quelques scénarios pourraient se matérialiser en 2026 :
- De façon surprenante, le conflit se règle en quelques semaines ou quelques mois, juste avant les élections de mi‑mandat chez nos voisins du Sud. C’est actuellement le scénario le plus optimiste.
- Sur la même ligne, le gouvernement Trump sort un « lapin de son chapeau » et voilà, la guerre est terminée. Scénario peu probable, mais tout de même agréable à envisager pour la société.
- Malheureusement, le scénario négatif serait que la guerre s’enlise et affecte l’économie mondiale de façon substantielle pendant un certain temps.
Analyse
Nous savons que les élections américaines occuperont une place importante dans la réalité politique et influenceront tant le Congrès que la Chambre des représentants et le Sénat — là où les décisions se prennent.
Actuellement, le Parti républicain contrôle le Sénat et la Chambre des représentants, ce qui fait en sorte que les décisions du gouvernement Trump peuvent pratiquement être adoptées automatiquement.
Il est donc hautement important que les élections de mi‑mandat ne soient pas un fiasco pour le Parti républicain. Ainsi, les scénarios 1 et 2 de sortie de crise contribueraient à raviver la confiance des électeurs et à favoriser le vote en faveur du parti en place. Les spécialistes ne disent pas qu’une telle situation offrirait une « free pass » au Parti républicain, mais qu’elle pourrait atténuer la perception négative entourant certaines décisions du gouvernement Trump depuis le début de son mandat en janvier 2025.
Advenant le scénario négatif, quels grands principes respecter?
- Prioriser la sécurité du capital : privilégier des actifs défensifs comme les obligations gouvernementales solides ou l’or.
- Renforcer la diversification : répartir les investissements entre plusieurs classes d’actifs, régions et secteurs.
- Favoriser les secteurs résilients : énergie, défense, santé, alimentation et infrastructures.
- Maintenir une approche axée sur la liquidité : conserver une portion du portefeuille en liquidités afin de saisir des opportunités ou absorber les imprévus.
- Réduire l’effet de levier : limiter l’endettement afin de réduire l’impact des fluctuations extrêmes.
- Évaluer les risques géopolitiques : suivre l’évolution des conflits, sanctions, ruptures d’approvisionnement et effets sur les devises.
- Privilégier les entreprises solides : bilan robuste, flux de trésorerie stables et faible dépendance aux régions instables.
- Garder une vision à long terme : éviter les décisions impulsives en période de forte volatilité.
- Se protéger contre l’inflation : considérer des actifs réels comme les matières premières ou l’immobilier.
Que faire avec nos portefeuilles?
Personne ne peut prédire quel scénario se réalisera, ni même si l’un d’entre eux surviendra réellement. Nous sommes dans la spéculation, et il est important de relativiser.
Pour les nouvelles entrées d’argent :
- Conserver une partie en encaisse afin de procéder à une entrée progressive en bourse au courant de l’année.
- Investir une partie du portefeuille immédiatement selon votre profil de risque. Ainsi, si le conflit se règle, on bénéficie rapidement d’une reprise.
- Mettre en place une épargne périodique, à l’image de la stratégie utilisée lors de la période COVID : entrer progressivement pour profiter des fluctuations.
Pour les sommes déjà investies :
- Conserver les placements tels qu’ils sont, en respectant votre profil de risque.
- Ajuster les sorties d’argent au besoin en tenant compte des marges de crédit personnelles, afin de laisser le capital reprendre de la valeur.
- Conserver un horizon de moyen et long terme.
Conclusion
Actuellement, il n’y a aucune raison de paniquer — loin de là.
Les rendements en 2026 ne sont pas aussi bas que ce que peuvent laisser entendre les médias. Pour un portefeuille équilibré, à ce jour, nous observons une baisse d’environ ‑1,5 %, ce qui demeure tout à fait raisonnable dans un contexte géopolitique aussi exceptionnel.
Même en période d’incertitude, des opportunités se présentent, et nous sommes là pour vous aider à en profiter.
Amicalement,
Mathieu Desbiens, Pl. fin., B.Comm.
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