L’année 2025 en perspective-Janvier 2026
L’année 2025 en perspective : Comment les événements ont mis à dure épreuve notre patience et notre confiance envers les institutions?
Ce ne fût pas une année de tout repos. Depuis bientôt près de 25 ans que je jongle dans les services financiers et je peux certainement déclarer que ces dernières années sont de plus en plus rocambolesques. Probablement dû à la vitesse dont l’information circule, les décisions politiques affectent beaucoup plus rapidement les économies. Je suis très fébrile de vous écrire aujourd’hui et je vous félicite d’être demeuré investis dans les marchés financiers en 2025. Nous avons encore une fois pris de bonnes décisions et voici un récapitulatif des rendements des différentes places boursières mondiales et leurs catégories d’actif.
Rendement annuel:
Obligations (indice FTSE Canada Universe Bond Index) : 3,81%
Obligations court terme (indice FTSE Canada Short Term Bond Index) : 3.28%
S&P/TSX : 28.2%
S&P500 : 11.2%
NASDAQ : 14.8%
Marchés émergents (indice MSCI Emerging) : 27.3%
Pétrole : -14.8%
Or (en dollars US) : 68.4%
Les effets des politiques américaines sur nos portefeuilles
Il faudrait avoir été en hibernation dans la dernière année pour ne pas s’être rendu compte de la situation. Ouf! Quelle année! Si vous avez suivi mes différentes infolettres en 2025, vous avez pu remarquer l’évolution de la situation et les effets des décisions américaines sur nos portefeuilles d’investissements, Voici un court aperçu chronologique :
- Janvier : Début du second mandat Trump, hausse générale des tarifs sur Canada, Mexique et Chine; acier et aluminium à 25 %. [usnews.com]
- Mars : Nouvelles hausses sur produits chinois (20 %) et sur Canada/Mexique (25 %, énergie 10 %). [usatoday.com]
- Avril : Annonce de tarifs « Liberation Day » visant presque tous les pays; automatique à 25 %; escalade avec Chine (jusqu’à 145 %). [usnews.com]
- Avril–Août : Accord provisoire avec sept partenaires, trêve temporaire avec la Chine. [congress.gov]
- Novembre : Réduction du tarif sur la Chine de 20 % à 10 %.
Comme mentionné, il y avait plusieurs raisons de quitter le marché. La peur peut souvent altérer notre rationalité. Mais l’économie canadienne a été résiliente et c’est-ce qui ressort de cette aventure. En fait, les entreprises ont trouvé d’autres leviers et du soutien externes afin de continuer à progresser.
Points d’analyses à considérer :
- Malgré une volatilité accrue liée aux tensions commerciales, les marchés financiers canadiens ont surperformé leurs homologues américains, portés par la vigueur des secteurs des matériaux, de l’énergie et des services financiers. L’indice Morningstar Canada a progressé de plus de 28 %, stimulé par la hausse marquée du prix de l’or, la reprise des matières premières et l’assouplissement monétaire de la Banque du Canada, qui a amélioré la rentabilité des banques.
- Aux États‑Unis, les marchés ont évolué dans un environnement contrasté. Les actions américaines sont entrées en 2025 avec un élan solide, mais la montée des risques liés aux tarifs, à l’immigration et à un marché du travail plus fragile a accru la volatilité anticipée. Le Schwab Center for Financial Research souligne que l’inflation persistante et des politiques publiques incertaines pourraient provoquer davantage de fluctuations, tandis que les fondamentaux des entreprises demeurent robustes, soutenant les obligations corporatives et les perspectives de croissance modérée. [pressroom….schwab.com]
- Sur le plan international, l’économie mondiale évolue dans un contexte de fragmentation géo‑économique et de tensions commerciales persistantes. Le FMI projette une croissance mondiale en léger recul, à 3,2 % en 2026, freinée par des investissements faibles, des risques géopolitiques élevés et des politiques commerciales moins prévisibles.
- Les décisions commerciales américaines, notamment l’augmentation ou l’élargissement des tarifs, constituent aujourd’hui l’un des principaux facteurs de volatilité économique en Amérique du Nord et dans le monde. Au Canada, ces politiques créent des tensions directes : la Banque du Canada signale que les revirements soudains de la politique commerciale américaine génèrent des épisodes de volatilité extrême ce qui menace la stabilité financière canadienne.
- Pour les États-Unis, ces mesures tarifaires peuvent offrir des gains à court terme dans certains secteurs, mais elles génèrent aussi des effets pervers. L’augmentation des coûts d’importation soutient l’inflation et accroît l’instabilité des marchés, comme l’indique le Schwab Center for Financial Research, qui anticipe davantage de volatilité en raison de politiques tarifaires moins prévisibles. À long terme, ces politiques peuvent perturber les chaînes d’approvisionnement américaines et affaiblir la compétitivité internationale. [pressroom….schwab.com]
- Au niveau international, le FMI (fond monétaire international) souligne que la montée du protectionnisme américain contribue à un ralentissement global de la croissance et intensifie la fragmentation économique. Les hausses tarifaires et les réajustements géo‑économiques exercent une pression sur le commerce mondial, aggravant les risques baissiers et provoquant des corrections potentielles sur les marchés financiers. [imf.org]
Comme on peut facilement le comprendre, l’impact des politiques commerciales américaines dépasse largement leurs frontières : elles influencent les coûts, la confiance, les flux commerciaux et la stabilité financière à l’échelle mondiale.
Maintenant, ou investir en 2026?
Dans les circonstances actuelles, bien malin est celui qui prédira les bons coups. Si je me fis aux années passées, chaque classe d’actif ne s’est rarement retrouvé dans les meilleurs l’année suivante. On est capable de déclarer la performance que l’économie aura sur une base macroéconomique mais de prétendre à une catégorie d’actifs en particulier…. Je vous dirais que cela demeure difficile. Surtout avec la situation des tarifs douaniers et tout récemment de l’attaque américaine envers le Venezuela. Est-ce que cette situation affectera les prix du pétrole? Nous croyons que ce sera limité.
Effets à court terme :
- Impact sera limité : le Venezuela ne produit qu’environ 1 % de l’offre mondiale, insuffisant pour perturber le marché. [cnbc.com]
- Marché est déjà en surplus, ce qui empêche toute flambée de prix malgré le choc géopolitique. [cnbc.com]
- Les cours ont même légèrement baissé après l’attaque en raison du trop‑plein d’offre et d’une demande faible.
Effets à moyen et long terme :
- Si les sanctions américaines sont levées, les exportations vénézuéliennes pourraient remonter jusqu’à 3 M baril/jour, ce qui ferait pression à la baisse sur les prix. [cnbctv18.com]
- Le Venezuela dispose de 303 milliards de barils de réserves : une exploitation accrue ajouterait de l’offre et pourrait durablement maintenir les prix bas. [businessinsider.com]
- L’effet dépendra toutefois de la capacité du futur gouvernement à attirer les investissements nécessaires pour reconstruire son industrie pétrolière.
Perspectives 2026
- Canada :
Les marchés financiers canadiens évolueront dans un contexte d’incertitude persistante, principalement liée aux renégociations de l’ACEUM (USMCA) et aux tarifs américains. L’économie canadienne n’entrera pas en récession, mais sa croissance restera faible (≈1 %), ce qui entraînera probablement une performance modérée des marchés. Les secteurs exportateurs (acier, aluminium, automobile) demeureront sous pression, mais la consommation intérieure, soutenue par des taux plus bas, devrait stabiliser les marchés.
La confiance des entreprises et des consommateurs demeure fragile mais s’améliore, ce qui suggère une activité boursière prudente mais résiliente. Le Canada est un pays exportateur de ressources naturelles. En fait, 30% de la bourse de Toronto est en relation avec ce secteur. Il a bien performé en 2025, Si on continue sur cette lancée, l’année 2026 pourrait être encore une fois s’avérer intéressante sur la partie canadienne de nos portefeuilles.
- États-Unis :
Les marchés américains devraient montrer une résilience notable, portés par :
- Un allègement de l’impact tarifaire (le « tariff drag » s’estompe),
- Les stimulus fiscaux du One Big Beautiful Bill Act,
- Un environnement monétaire plus accommodant,
- La poursuite du boom de l’IA et de l’investissement technologique.
Goldman Sachs prévoit une croissance du PIB de 2,6 % en 2026, soutenant les marchés actions malgré un marché du travail stagnant.
Cependant, la volatilité restera élevée, les valorisations étant déjà très hautes.
- International
À l’international, 2026 sera marqué par :
- une croissance mondiale modérée (≈2,8 % selon Goldman Sachs),
- une polarisation accrue entre les économies tirées par l’IA et les autres,
- des tensions commerciales persistantes,
- une normalisation monétaire disparate entre zones économiques.
Les marchés actions mondiaux devraient progresser, mais dans un climat de volatilité structurelle.
En conclusion, les marchés financiers mondiaux resteront résilients mais nerveux, portés par la technologie, freinés par les tensions commerciales, et modulés par l’évolution des politiques monétaires. Nous considérons donc, qu’une bonne diversification des différentes classes d’actifs soit priorisée dans le contexte actuelle.
N’essayons pas de battre le marché. Soyons investis et naviguons entre les différents courants, tant dans la tempête que le calme.
Merci de votre confiance
Mathieu Desbiens, Bcomm, pl.fin.
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